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REGISTRES D
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Après lecture des lettres du Roy cy devant trans-criptes, et la matiere mise en deliberation, a esté conclud que mons'le Prevost des Marchans, ung ou deux de mess™ les Eschevins, avec telle compai­gnée qu'ilz vouldront appeller, doibvent aller vers la personne du Roy luy faire trés humbles remons­trances de l'impuissance et peu de moyen que pour le jour d'uy ont les habitans et bourgeois de ceste Ville de luy fournir la soulde des cinquante mil hommes de pied, pour les grandes sommes de de­niers qui y ont esté cy devant levées pour ses affaires, dont il a esté secouru aussi promptement qui luy a pleu le demander, mesmes au dernier voyage que mons' le cardinal de Chastillon a faict en ceste Ville, là où il a levé et tiré tous les deniers qui estoient es bonnes bourses, et que de faire la levée des deniers par cappitation ou taxe sur chascun particulierement, cela s'est trouvé si onéreux et ma­laisé, en ce qu'on en a congneu pour les 111e m livres dernierement levez, qu'il est impossible de le povoir faire, et quant à faire aucune imposition, qu'il n'y a aucuns vivres ny autres marchandises qui ne soient fort chargées d'imposition, de sorte que où l'on vouldroit continuer à faire par cy après autre impo­sition, que l'on pourroit par succession de temps rendre la ville vague et inutille; aussi supplier bien humblement Sa Majesté voulloir considerer que tous les deniers qui ont esté levez à rente, qu'il ne les a euz avec ung interest tel que les estrangers en ont receu, et que ou lieu de seize pour cent qu'il en a payé ausd, estrangers, les bourgeois de ceste Ville n'en ont receu que au denier douze, qui est à raison de huit pour cent, et supplient humblement que pour ces causes et autres qui seront plus ample­ment remonstrées par lesd, s" depputez voulloir exempter et tenir quicte la Ville et habitans d'icelle, tant pour ceste année que pour l'année derniere, dc la soulde des cinquante mil hommes de pied ; et à ceste fin commander toutes lettres pour ce necces-saires leur estre expediées -1'.
de chascun quartier, religions, estatz et commu-naultez avec les cours souveraines, pour oyr la lec­ture des lettres du Roy pour le faict des cinquante mil hommes, en laquelle se sont trouvez, assavoir:
Mons' le Prevost des Marchans, me Martin de Bragelongne ; mons' me Augustin de Thou, monsr Marcel, monsrl'eslcu Prevost, mons'Larcher, Esche­vins de lad. Ville;
Mons' de Livres, monsr de Charmeau, monsr Du Gué, mons'de Jumeauville, monsr mc Thomas de Bragelongne, mons' Du Saulsay, mons' Le Lievre, mons' Le Sueur, mons' Sanguyn, mons'Perrot, Con­seillers de lad. Ville ;
Mons'de la Porte, conseiller en la Court, mons'de
Longueul, mons' Boudet, mons' Du Val, mons' de
Mailly, mons' d'Arquinviller, mons' Regnard,
, conseillers en la Court de Parlement;
Le procureur de mons' de Paris ;
Le procureur de mess" de Chappitre ;
Le procureur de Sainct Magloire;
Le procureur des Chartreux ;
Mons' le Chantre ;
Mons' Pellerin, mons' Lescalopier, mons' Du Ru, sire Nicolas Paulmier, Jacques Kerver, Jehan Gar­rault, Pierre Perlan, Quarteniers de lad. Ville ;
Mons' Guedon, advocat ;
Philebert de Crevecueur;
Mons' le prieur de Sainct Ladre ;
Mons' Charpenlier, procureur en Chastelet;
Nicolas Geuffrin;
Thomas Petit;
Mons' Millon ;
Pierre Gouffe;
Pierre Guerin ;
Mons'de Puise, conseiller;
Mons' Chasteau, General des Aydes;
M' Girard de Bryon ;
Et plusieurs autres bourgeois et marchans man­dez par lesd. Quarteniers jusques au nombre de huit de chascun quartier.
(i) Henri II ne put accéder complètement au désir exprimé par l'Échevinage parisien : tout en accordant décharge des cent mille livres demandées à la Ville de Paris pour l'année 1558, il exigea le prompt payement de la contribution de l'année suivante, qui lui était nécessaire, disait le Roi, -pour aidera licencier les gens de guerre étrangers, attendu la conclusion dela paix, et à subvenir à partie de la solde de sa gendarmerie!., mais, comme les Prévôt des Marchands et Echevins lui avaient représenté l'impossibilité de réaliser la somme en question au moyen de la capitation ou par l'imposition d'un nouveau subside, le Roi, aux termes de lettres du «4 avril 1559, enregistrées au Parlement le 24 avril, à la Chambre des Comptes le 26, et en la Cour des Aides le 3 mai, permit à l'Echevinage de se procurer ces cent mil livres par constitution de rente au denier douze, avec assignation sur les fermes des Aides, et d'établir les taxes qui paraîtraient nécessaires pour assurer le service de la nouvelle rente. (Original signé, Archives nationales, K g58, n° 69.)